Comprendre l’urbanisme tactique en 6 questions

La notion d’urbanisme tactique est apparue sur le devant de la scène depuis la crise du Covid de 2020. Les municipalités se sont appropriés ce concept pour proposer des pistes cyclables en urgence. Mais le concept existe déjà bien avant cela. Et pour couronner le tout, c’est une notion qui implique une prise de contrôle des citoyen sur l’espace public par des aménagement éphémères. Découvrons-en plus sur ce phénomène de l’urbanisme tactique.

L’urbanisme tactique : c’est quoi ?

L’urbanisme tactique consiste en des aménagements temporaires portés par des habitants, des communautés et/ou des militants. Ces modifications de l’espace urbain utilisent des accessoires faciles (palettes, peinture, pneu, bac à fleurs…) à installer pour démontrer les changements réalisables d’un espace public.

Quels aménagement sont-ils réalisés ?

Les modifications les plus courantes concernent les voies cyclables et les voies piétonnes avec bacs à fleurs dans le but de ralentir la circulation automobile, des bancs, cônes… L’urbanisme tactique vise généralement à récupérer de l’espace au profit des modes de déplacement doux que sont la marche et le vélo afin d’obtenir une ville plus conviviale et moins polluante.

Comment savoir si un aménagement est de l »urbanisme tactique ?

Trois conditions doivent être requises pour ainsi le caractériser :

  • une modification à petite échelle d’une espace précis
  • un coût réduit
  • une réalisation à court terme voire éphémère

L’urbanisme tactique s’oppose à un urbanisme institutionnel jugé lent et trop tiède.
IL ne faut pas le confondre avec l’urbanisme stratégique dont l’objet est la création ou requalification d’infrastructures déjà existantes.

De quand date le premier exemple d’urbanisme tactique ?

Le premier cas d’urbanisme tactique vient de San Francisco en 2005. Une entreprise loue une place de parking et y installe un parc public temporaire aménagé avec du gazon, un banc et un arbre pour seulement deux heures. Le buzz qui s’en suit résonne à l’échelle mondiale.

Bonnie Ora Sherk est une architecte paysagiste américaine pionnières du « portable architecture » pour dénoncer la pandémie automobile.

Pourquoi le covid a t’il porté cette tendance urbanistique ?

La crise particulière liée au Covid-19 en 2020 a médiatisé l’urbanisme tactique. La forte baisse du trafic automobile, le désamour pour les transports en communs, la forte hausse de la circulation à vélo ont conduit les villes à installer des aménagements cyclables provisoires donnant plus de place aux cyclistes. On les a surnommés en France des « coronapistes » dont beaucoup sont aujourd’hui pérennisées.

Quels sont les exemples originaux d’urbanisme tactique ?

En 2013, un collectif finlandais a peint un passage piéton arc-en-ciel devant l’ambassade de Russie à Helsinki pour dénoncer des lois homophobes.

En 2017, à Wichita au Kansas, des activistes ont utlisé des ventouse de toilettes en guise de potelets de sécurisation pour une piste cyclable le long d’un axe routier réputé dangereux.

Pour dénoncer le tarif parfois prohibitif des bureaux, de jeunes salariés ont décidé d’installer leur bureau sur une place de parking.

Le Paris-Plage de Bertrand Delanoë est un exemple plus institutionnel.

Autres synonymes :

  • guérilla urbaine
  • acupuncture urbanistique
  • approche ascendante
  • urbanisme participatif
  • urbanisme citoyen

Pour en savoir une étude complète sur le sujet ici en pdf.

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